dimanche 22 avril 2018

La peur est revenue, mais la foi reste !

Au 2014 rue Rybalko à Zaitsevo, est mort Anatoly Moskalets un civil frappé par des éclats d'obus
Depuis 4 ans la population du Donbass qui vit sur l'étroite bande de la ligne de front n'a plus à démontrer depuis longtemps son courage et sa capacité de résilience. Et pourtant depuis quelques jours une tension est à nouveau visible dans la démarche et les regards des riverains d'Oktyabrsky qui se soqui à nouveau soumettent au contrôle des block-posts ui à nouveau ceinture avec la ligne de front leur quartier stigmatisé par la guerre.

Pendant ces 3 journées de repos, passées à réparer le toit de la maison que des shrapnels avaient crevé le 10 avril dernier, des bombardements de l'artillerie ukrainienne ont troublé régulièrement les oiseaux jouant dans les pruniers en fleurs. 

Une artillerie qui des mortiers aux obusiers en passant par les canons des chars de combat a entamé une escalade sensible de ses harcèlements offensifs sur un front qui s'attend à voir se déclencher à tout moment une nouvelle offensive de Kiev contre le Donbass.

Au cours des dernières heures par exemple :

Sur le territoire de la République de Donetsk, Volvo Center, l'aéroport et Spartak au Nord de Donetsk, Dokuchaievsk au Sud de Donetsk ou Zaitsevo au Nord de Gorlovka ont été bombardés quotidiennement depuis 3 jours, y compris en journée comme le marché de Dokuchaievsk ou un civil a été blessé ce matin à 09h15

Sur le territoire de la République de Lugansk, ce sont les secteurs de Popasnaya et Pervomaisk (près de la limite entre les 2 républiques) Svitlodarsk ou Bahmutka qui vont eux aussi subir des bombardements réguliers pendant la nuit et la journée.


A Oktyabrsky beaucoup de discussions tournent à nouveau autour de la situation militaire et les nouveaux renforcements du front et des contrôles font dire aux familles que le cauchemar menace à nouveau ce quartier du Donbass qui est certainement celui qui a été le plus détruit depuis ce 26 mai 2014, lorsque  la guerre frappe l'aéroport de Donetsk.

Ici les gens n'écoutent plus que d'une oreille distraite les inévitables logorrhées propagandistes des pouvoirs en lutte qui de chaque côté du front inondent leurs médias asservis de leur sempiternelle et soporifique vision manichéenne du conflit. Ici les femmes et les hommes répètent "il faut en finir une bonne fois avec cette guerre pourrie", mais d'abord et en attendant la paix il faut "protéger les enfants", etc... et chacun de s'organiser pour aménager à nouveau les caves, préparer une adresse de repli en cas de forts bombardements, redonner les consignes aux enfants etc...

Les informations familiales ici traversent le front et circulent de maison en appartement, s'échangent sur le marché de la gare, toujours très fréquenté même lorsque les orages d'acier grondent à l'horizon. Et aucune ne vient infirmer les inquiétudes des habitants, bien au contraire.

Mais si la peur est revenue, elle ne cède cependant jamais à la panique, même lorsqu'au milieu d'une nuit déchirée par les déflagrations des larmes naissent dans les yeux d'une mère anxieuse veillant sur ses enfants dans un renfoncement éloigné des fenêtres tremblantes.

Alors que les accords de Minsk alourdis par leur impuissance à se faire respecter finissent d'être engloutis dans les sables mouvants d'un cynisme occidental meurtrier, l'Opération Spéciale Antiterroriste lancée il y a 4 ans par les putschistes du Maïdan contre les populations russophones d'Ukraine, elle aussi s'achève à la fin du mois.

Et pour laisser la porte ouverte au pire: cette loi de réintégration du Donbass dont l'application est désormais prête à être mise en oeuvre par Kiev, après 3 mois de réformes juridiques, militaires et politiques. De son côté le Président Poutine, devant l'obstination belliciste occidentale, et qui est visible sur de nombreux fronts militaires, économiques et politiques, s’apprête à former son nouveau gouvernement, dont beaucoup de sources informées s'accordent à dire que sa composition confirmera au niveau mondial ce que mes voisins d'Oktyabrsky craignent pour leur sanctuaire coincé entre le bélier étasunien et le rempart russe.

Ici les autorités civiles et militaires de la République de Donetsk tout en restant confiantes et calmes ont entamé, à la veille des célébrations de début mai célébrant la victoire contre le nazisme, une montée en puissance de leurs ressources de défense et renforcé toute la ligne de front comme en témoignent les nombreux block posts réactivés et tranchées creusées entre Donetsk et Gorlovka par exemple.

En retournant sur le chemin de la caserne je croise des uniformes aux allures décidées mais surtout des sourires et des signes de croix des femmes rentrant du marché vers leurs maisons au delà desquelles gronde à nouveau la bête immonde.

"No pasaran !"

Erwan Castel





vendredi 20 avril 2018

L'OTAN, "un soutien total à l'Ukraine"

"Nous continuerons à fournir des armes à l'Ukraine"


Le 18 avril 2018, le Comité de l'OTAN est venu rencontrer à Lvov, berceau du bandérisme, des officiers de l'Etat major ukrainien. La délégation atlantiste d'une quarantaine d'officiers supérieurs de l'OTAN, menée par le général tchèque Peter Pavel, est venue renouveler le soutien du bras armé européen de Washington lors d'une visite à l'Académie nationale des forces terrestres, "Hetman Petro Sagaidachny". 

Au cours des échanges réalisés avec les responsables militaires ukrainiens, les représentants de l'organisation atlantiste ont assuré qu'elle continuera "à soutenir l'Ukraine et fournira également les outils et les événements nécessaires, le Comité militaire devrait être considéré comme un soutien total de l'Ukraine et nous continuerons à fournir des armes à l'Ukraine".


A noter également la présence de Alexander Hug l'adjoint de la mission de l'OSCE dans le Donbass, un organisme européen censé rester neutre dans son observation du conflit (à 0,53" sur la vidéo)


Nous observons donc, au delà des beaux discours des pays européens engagés dans le processus de paix signé à Minsk en septembre 2014 puis février 2015, la continuité d'une complicité de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord, dont ils sont des membres importants, à une stratégie russophobe et criminelle engagée par Kiev sur ordre de Washington.

La ploutocratie mondialiste continue donc dans son désir de militarisation de l'Ukraine post-Maïdan a vouloir faire de ce pays européen situé sur le "pivot stratégique" européen un bélier à précipiter contre les murailles de la Russie via le détonateur du Donbass.

Les postes de tir antichars "Javelin" étasuniens et les fusils d'assaut canadiens qui doivent arrivés cette année sur le front ne seront donc que les premiers jets d'huile lancés au dessus du Donbass par les incendiaires irresponsables occidentaux.

Erwan Castel

Source de l'article : VK "Анти - кацап"  ( pro ukr)

Repos au son du canon

De gauche à droite, au premier rang : "Fila", "Tchornei", "Sidor", "Rambo", Ramses" et "Rex". 
Au deuxième rang : "Zakhar",  "Zaets", "Sneg", Philippe, "SKS", Sébastien, "Snak", mézigue, et "Sultan".

Depuis hier je suis de retour à Donetsk pour un repos de 2 jours mais dans une atmosphère toujours remplie par les bruis de la guerre, surtout dans le quartier d'Oktyabrsky redevenu dans sa profondeur une zone militaire active et aux lisières duquel les pilonnages de l'artillerie ukrainienne ont recommencé de plus belle.


Vendredi 20 avril 2018

Hier, sur le front de Promka la relève des groupes a été réalisée tandis que tonnaient les armes ukrainiennes entre les positions. A notre retour à la caserne après une ruée vers les douches, le nettoyage des armes et les retrouvailles avec Mourka la féline mascotte de l'unité, nous avons été invité par l'Etat major du régiment a un concert clôturant le deuxième anniversaire de la création du Régiment des forces spéciales de Donetsk qui a réuni plusieurs unités issues des premières milices de la République Populaire de Donetsk et qui forment aujourd'hui 4 bataillons déployés aux avants postes du front.


A l'issue de cet interlude réalisé au centre culturel slave, retour au train train militaire, des rapports de mission et des vérifications de matériels avant un départ vers Oktyabrsky rythmé par les détonations de l'artillerie ukrainienne pilonnant la ligne de front située aux lisières de ce quartier Nord de Donetsk à nouveau ceinturé par une ceinture de "blokposts" et sillonné par des patrouilles armées. 

Depuis le nouveau bombardement de l'usine de traitement et distribution d'eau potable située entre Yasinovataya et Avdeevka, la distribution d'eau est coupée dans le quartier suite à la fermeture de la station de filtration, jusqu'au milieu de la nuit des tirs de mortiers ukrainiens ont secoué le quartier prolongeant dans l'intimité du repos l'ambiance d'une guerre qui inquiète de plus en plus la population dont les informations familiales, recueillies de l'autre coté de la ligne de front, en territoire occupé par l'armée ukrainienne, confirment la haute probabilité d'opérations offensives prochainement.

Ces bombardements ukrainiens sont aujourd'hui généralisés sur toute la ligne de front et particulièrement dans les "zones de contact" où les lignes sont très rapprochés. Kominternovo dans le Sud, Dokuchaievsk au Sud de Donetsk, Trudovsky à l'Ouest, l'aéroport au Nord, Yasinovataya bien sûr, mais aussi Zaitsevo au Nord de Gorlovka ou le secteur de Debalsevo sont à nouveau sous les orages d'acier de Kiev.

Quartier de Trudovsky à l'Ouest de Donetsk 19 avril 2018 

Dans le secteur Nord de Donetsk où je réside, le 19 avril en soirée, les tirs de l'artillerie qui ont commencé sur le secteur de Spartak (à l'Est de l'aéroport) vers 20h00 se sont étendus sur toute la lisière Nord d'Oktyabrsky et vers 21h00 ont été amplifiés par des échanges importants de tirs d'infanterie au niveau des ruines de la zone aéroportuaire située à 500 mètres de la maison. 

Les rapports militaires du matin ainsi que ceux des organismes observateurs du "cessez le feu" normalement en vigueur sur la ligne de front font état de plus de 1000 munitions tirées dans la journée d'hier sur le territoire des Républiques Populaires de Donetsk et Lugansk.

Retrouvailles avec Mourka dans un concert de ronrons et un festival de câlins
Ce matin à l'aube le canon réveil s'est chargé de réveiller la maisonnée sous un ciel froid aux nuages lourds d'une pluie fine.

Aujourd'hui, réparation sous un temps pluvieux, de la toiture crevée par des schrapnels il y a 10 jours, et surtout retrouvailles autour d'attentions familiales et d'un bon repas loin des lassantes boites de kacha et touchonka du front.

Bientôt la fin du mois d'avril et également celle de l' "Opération spéciale Antiterroriste" lancé il y a 4 ans par les putschistes du Maïdan dirigés par le pasteur sanguinaire Tourtchinov. Mais pour autant, la fin de cette campagne militaire ukrainienne criminelle lancée contre les populations russophones du pays n'est pas pour rassurer la population des Républiques séparatistes de Donetsk et Lugansk, car elle doit être remplacée début mai par la mise en oeuvre de l'application de cette "loi pour la réintégration du Donbass" votée il y a 3 mois à Kiev et qui ouvre la voie juridique, politique et militaire à une offensive contre le Donbass à dimension régionale car la Russie y est l'ennemi officiellement désigné.

Erwan Castel

Les sourires et les fatigues de retour du front de Promka
Soins attentionnés pour les 2 compagnes attachantes du front 

La "troika des fransous" de Piatnashka

Les autres extraits de ce journal du front peuvent être retrouvés ici : Journal du Front

jeudi 19 avril 2018

Le Donbass, un peuple en armes

Sergeï dit "Lissi" au tirant un Vog, cette grenade à fusil dont le système de propulsion amovible peut se fixer sous le canon de la kalashnikov.

Il y a 4 ans à 100 km au Nord de Donetsk, la guerre commençait à Slaviansk (100 km au Nord de Donetsk), provoquée par l' "Opération Spéciale Antiterroriste" lancée par les putschistes du Maïdan contre les populations russophones d'Ukraine qui voulaient défendre leur identité.

Depuis, au mileu de la tourmente, de jeunes Républiques populaires sont nées dans un Donbass coupé en deux par une ligne de front où plus de 120 000 hommes s'affrontent dans une guerre larvée dans un réseau de plus de 300 kilomètres de tranchées et de casemates enterrées. 
Entre 10 et 20 000 morts et des dizaines de milliers de blessés  témoignent de la réalité violente de cette guerre cachée, oubliée.

Ils ne sont plus là, les Strelkov, Bessler, Mozgovoi, Givi, Motorola etc., ces capitaines ayant mené la Rébellion à la victoire. Certains sont rentrés chez eux, tandis que d'autres ont été lachement assassinés par un ennemi incapable de les vaincre sur un champ de bataille.

Et pourtant elle est toujours là cette armée d'ouvriers mineurs, d'étudiants, d'artisans, de paysans accrochée à sa terre noire du Donbass et sa Liberté conquise. 

"Zaets" un autre sniper de l'unité.
Depuis 4 ans des dizaines de milliers de volontaires sont venus au devant des chars et des canons ukrainiens, souvent avec des moyens dérisoires pris à l'ennemi pour combattre cette haine bandériste d'un autre âge  ressuscitée par la russophobie délirante d'une hégémonie vampirique occidentale. 

Aujourd'hui cette milice aux uniformes bigarrés est devenue une armée professionnelle coordonnée, équipée et entraînée. Forte de près de 30 000 hommes, cette force combattante est toujours composée uniquement de volontaires du Donbass, d'Ukraine mais aussi d'une vingtaine de pays depuis l'Eurasie jusqu'aux Amériques en passant par l'Europe.

A la différence de Kiev, Donetsk et Lugansk n'ont pas besoin de recourir à des mobilisations régulières pour alimenter ce front du Donbass. Chaque semaine, malgré l'enlisement des combats, des hommes et des femmes se présentent aux bureaux de recrutement des Républiques ou directement aux portes des casernes. 
Certains sont là depuis 4 ans, piliers aguerris des groupes de combats et gardiens de la flamme de la rébellion. D'autres en sont à leur 2ème ou 3ème engagements sous les drapeaux aux aigles bicéphales ou d'autres encore entrent seulement aujourd'hui dans la famille d'un bataillon. 

La brigade internationale "Piatnashka" est l'une de ces familles militaires qui constituent depuis 2014 l'ossature de la milice populaire du Donbass devenue armée républicaine. Fondée à partir d'un noyau de 15 volontaires sous le commandement d' "Abkhaz" cette unité, qui affiche dès sa naissance sa dimension internationale, est devenue au fil des combats et des sacrifices un bataillon d'élite toujours engagé sur les secteurs les plus dangereux du front.

 "Mamaï" le commandeur de la Brigade internationale Piatnashka, en inspection dans les murs de "forteruine"
Forte de 3 compagnies de combat et d'unités rattachées, la Brigade Piatnashka, commandée aujourd'hui par "Mamaï" un volontaire d'Ossetie, constitue le 2ème bataillon du Régiment des forces spéciales de Donetsk.
Ses unités sont déployée dans plusieurs secteurs du front et notamment au Nord de la ville de Donetsk, entre Yasinovataya et Avdeevka.

Aujourd'hui la menace d'une nouvelle offensive ukrainienne, que nous attendons depuis 3 ans bientôt, semble se préciser. L' "Opération Spéciale Antiterroriste" de Kiev va laisser la place en mai à l'application de la "loi de réintégration du Donbass" votée au Parlement ukrainien et qui donne de facto le feu vert pour une nouvelle offensive contre les Républiques de Donetsk et Lugansk.


Jeudi 19 avril 2018

Sur le secteur tenu par notre unité, la tension grandissante est palpable et le bruit des armes comme celui des pelles durcissent une ligne de front déjà très chaude du fait de la proximité des lignes de front (100 à 300 mètres).

Entre Yasinovataya et Avdeevka, le "commandeur" de Piatnashka et des officiers de son Etat Major viennent souvent inspecter nos positions qui se renforcent de jour en jour et le moral de leurs défenseurs. 

Les tirs ukrainiens, d'habitude erratiques, sont redevenus des mitraillages et bombardements vifs et précis qui interviennent tout au long de la journée et de la nuit. 
Mortiers de 82mm, canon sans recul de 73mm, roquettes antichars, grenades propulsées de 40mm, bitube de 23 mm sont à nouveau revenus dans la sarabande des armes légères d'infanterie. 

Ce sont surtout les snipers qui animent en ce moment le champ de bataille. Renforcés de chaque côtés du front ces électrons libres aux allures de caméléon se livrent à des traques mutuelles permanentes et des observations fouillées des positions adverses.

Sniper à l'affut au milieu d'une pièce renforcée (l'éclat est dû au flash)

Et tandis que les voix grésillantes des radios égrenant les comptes rendus d'observations sont l'ambiance sonore ininterrompue des casemates, les drones repartent à nouveau traquer les nouveautés ennemies au dessus des tirs énervés de leurs armes automatiques. 

Les hommes ici sont calmes et confiants, aguerris depuis des mois et pour beaucoup des années dans ces tranchées qui sont leur deuxième maison. Et lorsque "le matin du grand soir" va arriver, nous savons que derrière nous des milliers d'autres volontaires se lèveront pour nous rejoindre, sans compter la mère en colère qui viendra protéger ses oursons.

D'ici là , avec les autres camarades de Piatnashka dont nous attendons la relève pour  quelques jours de repos à Donetsk,  nous continuons à veiller sur les remparts du Donbass libre.

Erwan Castel

Oleg, un vétéran des premiers combats  et toujours en première ligne

Mézigue à l'écoute des positions ennemies situées à moins de 100 mètres

Les autres extraits de ce journal du front peuvent être retrouvés ici : Journal du Front

mercredi 18 avril 2018

Nouveau crime de guerre de Kiev

A Yasinovataya, l'usine de filtration d'eau à nouveau bombardée


Nouvelle attaque contre des civils travaillant à l'usine de distribution d'eau potable de la région de Donetsk.

C'est dans notre secteur entre Yasinovataya et Avdeevka que se trouve cette usine de traitement et distribution d'eau potable dont dépendent plusieurs centaines de milliers de personnes de la région de Donetsk. 

Lorsque les forces ukrainiennes envahissent la "zone grise" située entre Yasinovataya et Avdeevka l'usine DFS se retrouve non seulement dans une zone de combat mais devient même régulièrement la cible des soudards de Kiev qui veulent priver la population du Donbass d'eau potable.

Or, selon la convention de Genève qui définit les règles internationales d'engagement lors des guerres, les belligérants ont le devoir de préserver ce type d'infrastructure vitale pour la population civile.

De plus cette usine de traitement d'eau dispose de stocks importants de chlore, ce qui rajoute un risque majeur de pollution chimique de l'environnement et notamment du réseau hydrographique.

A plusieurs reprises L'OSCE est intervenue auprès de l'État major ukrainien pour qu'il libère la zone et permette aux équipes de maintenance de continuer le service du centre industriel en toute sécurité.

Peine perdue car les soldats ukrainiens continuent régulièrement à bombarder sciemment cette zone particulièrement sensible.
Ainsi ce 17 avril, lors d'une nouvelle violation du cessez le feu, le bus civil de l'entreprise "Eau du Donbass" qui assure la rotation des équipes d'ouvriers a été bombardé par les soudards de la 95eme brigade ukrainienne.

- violation du cessez le feu 
- civils pris sciemment pour cible
- bombardement d'un site protégé 

Bilan : 5 ouvriers blessés et la fermeture d'une usine distribuant l'eau potable à plus de 500 000 personnes. 

Erwan Castel


Photos de John Patrick Lancaster, un reporter indépendant installé à Donetsk et qui réalise un travail remarquable.

La Nature comme socle

Le retour du printemps au milieu des datchas bombardées de la zone de Promka, entre Yasinovataya et Avdeevka, au Nord de Donetsk.

« Quand le monde nous semble vaciller sur ses bases,
 un regard jeté sur une fleur peut rétablir l'ordre. »

(Ernst Jünger, La Cabane dans la vigne)


Mercredi 18 avril 2018

Sur le front du Donbass, au Nord de Donetsk les ombres qui se battent au milieu des ruines peuvent observer la force de cette Nature qui survit dans un monde dévasté par la haine des Hommes.

Malgré et même pendant les bombardements et les combats, les oiseaux chantent le retour du printemps, renards et faisans renouvellent le cycle immuable de la vie et la flore redonne des couleurs au morne paysage dévasté.

Par sa puissance, sa beauté et sa générosité, cette Nature divine offre aux Hommes naufragés d'eux mêmes et guettés par la folie, l'espérance de retrouver un jour cette sagesse perdue dans les égouts de la vanité humaine.

Erwan Castel

Les autres extraits de ce journal du front peuvent être retrouvés ici : Journal du Front

mardi 17 avril 2018

La nuit féconde

Sentinelle aux aguets dans "forteruine", une position républicaine accrochée entre Yasinovataya et Avdeevka au Nord de Donetsk.
Des pensées nocturnes me rappellent celles d'un officier écrivain que j'ai eu l'immense honneur de rencontrer au début des années 80 et qui, avec d'autres penseurs libres, devait orienter à jamais mon regard sur le monde.

« Où sont les cloîtres sacrés où l’âme a conquis, durant ses minuits triomphants, le trésor de la grâce ? Les colonnes des solitaires, monuments d’une société plus parfaite ?

Où pourrions-nous trouver encore la certitude que les pensées et les sentiments ne périssent point, et qu’il existe comme un second registre caché où toute dépense reparaît, dans un lieu très éloigné, sous la forme d’une recette ?

Le seul souvenir qui puisse me rassurer me vient d’instants de la guerre où soudain la flamme d’une explosion arrachait aux ténèbres la silhouette isolée d’un poste qui, l’esprit le savait, était là depuis longtemps.

Durant ces nombreuses et terribles gardes de nuit, un trésor fut amassé qui ne sera consumé que très tard »

Ernst Junger, Le Cœur aventureux


Mardi 17 avril 2018

Sur le front, les gardes s'enchaînent aux missions et corvées, à peine ponctuées par de courts moments de repos légers, que les bruits de guerre présents ou attendus viennent perturber.

Pendant les postes de nuit, si les sens sont concentrés à l'entour sur cette obscurité et ce silence que la flamme d'un canon ou des pas intrusifs ennemis peuvent déchirer, en revanche il arrive souvent que les pensées de la sentinelle vagabondent vers des horizons lointains...

Ainsi, les absences aimées du cœur autant que les bruits haïs du Monde viennent s'inviter dans les pensées du soldat isolé dans la nuit, repoussant au loin sa fatigue et même donnant un sens renforcé à sa mission.

Ce soir, alors que les tirs ukrainiens continuent de marquer une nouvelle escalade sur le front du Donbass je songe, désespéré par ses récents bombardements sur la Syrie, à cette Europe occidentale, malade de ses dirigeants et cette impuissance des peuples à enrayer le chaos subi.

Et dans cette fin d'un monde, le Donbass apparaît plus que jamais comme un récif au milieu de la tempête. 
Devant lui, un monstre agonisant se débat engloutissant crise après crise l'héritage européen. Derrière lui, un empire eurasiatique qui résiste tant bien que mal aux assauts répétés du mondialisme vampirique.

Mon engagement ici est à la fois personnel et européen. J'ai mis au bout d'un fusil cet amour pour les peuples premiers en général et en particulier ceux qui, de l'Atlantique à l'Oural, sont les forgerons et les gardiens de cette Tradition native de notre civilisation européenne.

“La tradition est un choix, un murmure des temps anciens et du futur. Elle me dit qui je suis. Elle me dit que je suis ... parce qu'on se doit d'abord à soi-même.” (Dominique Venner)

Or, cette civilisation européenne a été trahie au cours des siècles par des impostures de pensées uniques esclavagistes servant, par le biais de clercs et de princes affidés, la dictature colonialiste d'une marchandise criminelle.

Le fric, en devenant la référence suprême a tout saccagé, de la fondation des nations jusqu'aux relations sociétales entre les individus.

A l'exemple héroïque du Donbass, les peuples doivent se soulever contre les dictateurs de la marchandise qui les envoient à l'abattoir pour sauver leurs banques. 
Et il ne s'agit pas de préserver ces États nations hors sol qui depuis 2000 ans ont ouvert les portes des cités et de la pensée européenne au chaos universaliste. Il ne s'agit pas non plus de sauver ces communautarismes ethniques ou religieux agités par des nationalismes paniqués dont la seule bouée percée est la haine de l'autre.

Il s'agit de sauver la Tradition européenne par des actes désintéressés et des pensées amoureuses qui la protégeront comme graine en hiver de l'effondrement de ce monde... en attendant le retour du printemps.

Sur le mur d'un couloir, une rafale ukrainienne énervée et impuissante vient ponctuer ma pensée et me fait sourire.

Comne en Syrie, le peuple du Donbass, en résistant depuis 4 ans à l'agression atlantiste a sauvé son héritage identitaire, expulsé les oligarques mondialistes et reconquis ses lettres de noblesse.

En effet contre toute attente, le Donbass en guerre a réussi, avec une aide retenue de la Russie, à fonder une vraie république populaire, à dimension sociale et humaine et redonner son âme à une patrie charnelle européenne.

Que plus de 20 000 volontaires de différents pays, après 4 années de guerre continuent à défendre jour après nuit, cette République Populaire de Donetsk (alors que Kiev doit avoir recours à des mobilisations pour la bombarder) prouvent que le rêve d'une Europe des peuples est possible et que son cœur a recommencé à battre entre Donetsk et Lugansk !

Erwan Castel

Les autres extraits de ce journal du front peuvent être retrouvés ici : Journal du Front

La grandeur des servitudes

Alex Siguida dit "Zakhar" francophile et francophone et "poète maudit" à ses heures gagnées.
Le soldat est aussi et surtout dans son temps de travail un bâtisseur comme le rappellent les légendaires pionniers qui ouvrent les défilés de la Légion Étrangère, et cette dimension est d'autant plus importante quand le front s'enterre et se fortifie chaque jour un peu plus comme celui du Donbass.



Mardi 17 avril 2018

Être et durer pendant plusieurs jours sur une ligne de front n'implique pas seulement des actes de combat mais aussi des tâches certes moins médiatiques mais tout aussi vitales pour survivre sous les tirs et sans le moindre confort.

Ainsi ce matin sous un beau soleil printanier et des rafales ukrainiennes les hommes au repos sont partis sur différents "ateliers" : bois, eau, cuisine, tranchées, aménagement de postes de combat, et renforcement de la position.

Des équipes actuellement en caserne sont venus en renfort pour continuer la sécurisation des tranchées d'accès aux positions. Ce fut l'occasion pour Philippe, Sébastien et moi même, les 3 volontaires français de Piatnashka de se retrouver réunis pendant quelques minutes éphémères au milieu du labyrinthe creusé.

La troika des Fransous (de gauche à droite: Mézigue, Philippe Khalfine et Sébastien Hairon).

Autour de nous depuis la fin de matinée, d'autres activités remplissent l'atmosphère et captent notre attention : tirs de snipers, explosions de grenades à fusil ou vrombissement virevoltant de drones d'observation...

Vers midi des mortiers de 82mm entrant dans l'animation, nous ont invités à rejoindre notre "forteruine".
Là, derrière les murs épais renforcés de piliers et sacs de sable ronflent dans un concert étrange la scie "droujba", le poêle à charbon et sa soupe odorante le groupe électrogène ayant fait récemment une entrée révolutionnaire, et des hommes au repos dans les bras de Morphée.

A l'extérieur les tirs en augmentation viennent tinter régulièrement sur les ferailles tordues qui hérissent les ouvertures et les étages supérieurs détruits...

Les mains ont abandonné les outils pour retrouver le chemin des armes...

Erwan Castel

Sébastien Hairon dit "Seb", à la pioche pour approfondir la tranchée et faire du sport.
"ChorneÏ", au fourneau entre oignons et patates, touchonka et kassa.
Mézigue au retour d'une "corvée de bois" avec le cadavre d'un sapin

Les autres extraits de ce journal du front peuvent être retrouvés ici : Journal du Front

Règlement de compte à OK Promka


Une nouvelle démonstration de l'application du cessez le feu par Kiev :

Ce mardi 17 avril, peu avant midi un échange de tirs vif a eu lieu entre une position ukrop située à proximité de notre "forteruine" et une position qui lui fait face tenue par un bataillon ami.

Plusieurs rafales ont été également tirées vers nos postes de combat comme on peut l'entendre au début de cette courte vidéo (46") ou une balle frappe une feraille proche.

Ce type d'accrochage entre positions est redevenu quotidien depuis le début du mois surtout dans les secteurs du front comme celui de Promka au Nord de Donetsk où les forces ukrainiennes et républicaines ne sont qu'à quelques centaines de mètres les unes des autres.

Erwan Castel


lundi 16 avril 2018

La foi du combattant



" Ne pas se laisser ébranler, sourire jusqu'au bout, et quand le sourire ne serait qu'un masque devant soi-même : cela n'est pas rien. L'homme ne peut pas faire plus que de mourir en se dépassant. Et même les dieux Immortels en sont jaloux malgré eux. "

Ernst Jünger, La guerre comme expérience intérieure.



Lundi 16 avril 2018

Depuis quelques temps nous recevons régulièrement la visite de notre Commandant d'unité "Snak" et même de "Mamaï" le chef de bataillon, venant inspecter les positions tenues par la brigade Piatnashka sur ce front particulièrement sensible de Promka.

"Snak" est un homme du Donbass qui est sorti des mines de charbon en 2014 pour défendre sa terre et sa famille agressées par une "Opération Spéciale Antiterroriste" vomie par le coup d'Etat russophobe du Maïdan. 
Grièvement blessé et mutilé lors des combats, il reprend aussitôt le chemin du front et du devoir, et commande aujourd'hui la compagnie déployée sur le front au Nord de Donetsk entre Yasinovataya et Avdeevka et au contact direct des avants postes ukrainiens situés à 100 mètres en moyenne de nos positions

"Snak" est ainsi venu hier contrôler les tranchées, donnant consignes et recommandations, s'enquérant à l'occasion du moral des hommes et n'hésitant pas à se joindre à nous pour faire danser les pelles et les pioches dans la terre noire du Donbass.

La force de l'exemple et du sourire

Erwan Castel

Les autres extraits de ce journal du front peuvent être retrouvés ici : Journal du Front