mardi 21 février 2017

Appelons "chat" un chat et "terroriste" un terroriste !

Devant la volonté de Kiev de relancer l'escalade entre discours politiques, attaques militaires et laisser faire d'un blocus illégal officiellement à l'initiative des radicaux nationalistes, le Président Vladimir Poutine, qui a patiemment observé depuis 2 ans les interminables violations de Kiev sabotant le processus de Paix, a décidé d'engager une batterie de mesures contraignantes et coercitives pour débloquer la situation et éteindre le feu renaissant d'une guerre ouverte dans le Donbass.

Comme dans toute discussion animée qui tourne en rond et s'envenime, il s'agit pour la Russie de définir exactement la nature des acteurs à l'aune de leurs actions réalisées, et concernant le régime Kiev, de la même façon qu'on appelle "chat" un chat, d'appeler "terroriste" un état qui bombarde délibérément une population civile et engage des actions criminelles clandestines contre un pays souverain...

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya

Source, le lien ici : Réseau International

La signification profonde du discours de Poutine 
sur le « terrorisme ukrainien »

Par Rostislav Ishchenko

20 février 2017

"Le jeudi 16 février, lors de la réunion annuelle du bureau du Service de Sécurité Fédéral de Russie (FSB), Vladimir Poutine a attiré tout particulièrement l’attention sur la situation au Sud-Est de l’Ukraine. D’après le président, les autorités ukrainiennes aggravent délibérément la situation dans la zone de conflit du Donbass afin de contrecarrer les Accords de Minsk et misent sur une solution militaire au problème.

Le chef de l’État a également souligné que les autorités de Kiev « parlent ouvertement de sabotage organisé et d’actions terroristes subversives, y compris en Russie ».


Un signal pour l’Occident

Il est clair que le travail de contre-espionnage et antiterroriste est au cœur des opérations du FSB. Mais il est également clair que, lorsqu’elles sont rendues publiques, de telles déclarations du président s’adressent principalement à un public externe.

Après tout, la direction du FSB peut être instruite dans le secret. En outre, tout le monde sait que depuis le tout début de la guerre civile en Ukraine, le FSB s’inquiète des tentatives d’amener la guerre en territoire russe. Depuis 2014, la presse a régulièrement été informée de l’arrestation de citoyens ukrainiens et russes tentant d’effectuer, pour les besoins de Kiev, des missions de renseignement sur le territoire russe, et de préparer les attaques terroristes.

Ainsi, la déclaration du président n’était pas destinée à un public russe, mais étranger. Et ce public n’est pas ukrainien. Si l’on voulait faire appel au gouvernement ukrainien, cela se ferait par la voie diplomatique. Et cette déclaration n’est pas non plus une menace de réaction militaire aux provocations ukrainiennes. Sinon, elle aurait été faite au collège du ministère de la Défense ou au Conseil de Sécurité.

Le choix du lieu et du format de cette déclaration indique clairement qu’il s’agit d’un signal envoyé à nos partenaires occidentaux.

Le FSB dispose d’une grande capacité à mener des opérations antiterroristes. Il est bon de rappeler que les actions préventives contre les terroristes et leurs cerveaux sont l’une des composantes principales du travail du FSB et ne se limitent pas forcément au territoire russe.

Bien sûr, leurs opérations sur le territoire d’un autre État sont limitées par des conditions strictes. Pour que les mesures antiterroristes préventives sur un territoire étranger soient justifiées du point de vue du droit international, l’État concerné doit être en état de guerre ou avoir subi une attaque non provoquée.

Il y a aussi un autre scénario, classique au niveau du Conseil de sécurité de l’ONU : la perte, par un gouvernement intérimaire, du contrôle du territoire d’où viennent les activités terroristes. Toutefois ici, ce scénario ne convient pas, dans la mesure où la communauté internationale ne considère pas le gouvernement de Kiev comme incapable de contrôler la situation sur le territoire de l’Ukraine.

Pourtant, jusqu’à ce jour, Kiev a prétendu que toutes sortes de provocations contre la Russie, y compris sanglantes (en Crimée) venaient d’initiatives d’individus indépendants et a refusé de reconnaître leur appartenance aux agences de sécurité de l’Ukraine. La réaction de la Russie s’est toutefois limitée aux manifestations diplomatiques, à documenter des faits de provocation, à amasser des preuves sur l’implication de la Direction générale des renseignements ukrainiens (UGC), à l’UGN et leur état-major général et à présenter ces rapports aux organisations internationales concernées.


Terrorisme d’Etat

Apparemment, une masse critique de faits a été recueillie et un deuxième volet – le droit international – va maintenant être utilisé.

La déclaration du Président Poutine a été précédée d’un rapport du Comité d’enquête de la Fédération de Russie selon lequel ils avaient réuni les preuves nécessaires et suffisantes pour rendre les autorités ukrainiennes coupables d’attaques terroristes délibérées contre des zones résidentielles des villes du Donbass au moyen de missiles balistiques Tochka-U. Ces actions ont été classées par le Comité d’enquête comme une utilisation d’armes de destruction massive (ADM) contre une population civile.

La déclaration de Poutine mène le rapport du Comité d’enquête à sa conclusion logique. L’utilisation d’armes de destruction massive contre une population civile peut être qualifiée non seulement de crime de guerre, mais de terrorisme d’État. On peut qualifier aussi cela d’opérations subversives et terroristes contre un État qui maintient la paix. C’est précisément ce que Vladimir Poutine a accusé les autorités ukrainiennes de faire.

Ces dernières années, les autorités étatiques qui ont donné leur accord à des actions qualifiées de terrorisme d’État ont été reconnues par la communauté internationale comme ayant « perdu leur légitimité ». L’application de ce label à Hussein, Kadhafi et Assad suggère qu’une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU n’est pas nécessaire – il suffit de s’appuyer sur des faits (parfois infondés) et sur les déclarations d’un État qui se considère comme une victime.

Les précédents établis par les États-Unis au cours des 20 dernières années permettent d’utiliser toutes les mesures contre les « régimes illégitimes », y compris les opérations militaires et spéciales, ainsi que la reconnaissance et l’octroi d’un soutien officiel aux gouvernements rebelles alternatifs menant une guerre civile contre le régime. Pour appliquer une de ces mesures, une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU est souhaitable, mais pas nécessaire. Comme l’ont montré les événements en Yougoslavie, en Irak, en Libye et en Syrie, il est facile d’aller au-delà des dispositions d’une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU ou simplement de s’en passer.


Le droit de prendre des mesures

La Russie s’est toujours engagée à respecter strictement les normes et procédures établies par le droit international. Par conséquent, il ne fait aucun doute qu’une déclaration aussi grave de la part du président Poutine n’aurait pas été faite s’il n’y avait pas de preuve incontestable et sa conviction qu’il est impossible d’arrêter le gouvernement ukrainien d’une autre manière.

En d’autres termes, la Russie est maintenant prête à fournir à la communauté internationale des preuves des activités subversives autorisées par les autorités de Kiev. Bien sûr, nous comprenons que la présence de preuves, même les plus incontestables, ne garantit pas son acceptation en tant que telles par le Conseil de sécurité de l’ONU, où chacun a ses propres intérêts et tous les membres permanents leur propre pouvoir de veto. La situation avec le Boeing malaisien, dont la commission d’enquête internationale n’a pas pu trouver le coupable et le fait que cette commission n’ait pas examiné les informations fournies par la Russie est la meilleure preuve de la politique de double standard dans la politique moderne.

Cependant, il y a un point intéressant. Les activités terroristes sanctionnées par les autorités d’un État contre un autre (c’est-à-dire le terrorisme d’État) ne sont pas simplement un acte d’agression non provoquée, mais une attaque armée ciblée.

L’article 51 de la Charte des Nations Unies donne à l’État attaqué, le droit à une légitime défense individuelle ou collective, dont le contenu est déterminé par l’État lui-même. Cet État est au moins tenu « d’informer immédiatement le Conseil de sécurité des Nations Unies des mesures prises et de les interrompre dès que le Conseil aura pris les mesures nécessaires pour maintenir la paix et la sécurité internationales ».

Dans ce scénario, les mécanismes de l’ONU sont du côté russe. Moscou a le droit de véto et, sans son consentement, le Conseil ne peut pas adopter une décision contraignante et, par conséquent, il n’est pas en mesure de « prendre des mesures indépendamment ».

Ainsi, Poutine a signalé à nos « partenaires » occidentaux que s’ils sont incapables de calmer les autorités de Kiev, alors la Russie est prête à adopter des mesures qui, bien qu’unilatérales, sont pleinement compatibles avec le droit international, y compris avec l’esprit et la lettre de la Charte des Nations Unies .

Et comme une cerise sur le gâteau – Poutine a gardé dans l’ombre ce que ces mesures seront exactement (asymétrie). Après tout, le FSB ne communique pas ses plans au département d’État."

Rostislav Ishchenko
Traduction : Comité Valmy
Source : Comité Valmy

lundi 20 février 2017

Kiev crache sur la Paix

Sans surprise l'armée ukrainienne refuse le cessez le feu 
et cette fois dès son premier jour !


Dans un précédent article, j'accueillais avec beaucoup de scepticisme, et même je le reconnais d'ironie, l'annonce faite par Kiev de respecter le nouveau cessez le feu proposé lors de la dernière réunion du groupe de contact chargé d'accoucher les accords de Minsk sur la ligne de front.

Car jusqu'à aujourd'hui, aucun cessez le feu, qu'il soit imposé par Minsk 2 ou traditionnel comme celui de Noël par exemple, n'a tenu plus d'une semaine, du fait des tirs continuels menés par l'artillerie ukrainienne mais aussi de la situation quasi ingérable des "zones de contact" où les belligérants ne sont parfois qu'à quelques dizaines de mètres les uns des autres.

Et surtout, sur le plan militaire, d'une part l'artillerie ukrainienne est revenue massivement sur le front avec des stocks de munitions recomplétés par  de nouvelles usines d'armement ukrainiennes financées par les subsides du FMI, et d'autre part les zones de contact, où le cessez le feu est quasi impossible, se sont multipliées sous les avancées de l'infanterie ukrainienne qui a occupé de nombreuses "zones grises" jusqu'aux lignes de défense républicaines (dans les secteurs de Stakhanov, Debalsevo, Gorlovka, Yasinovataya, Dokuchaievsk, Shirokino entre autres).

Cette nouvelle trêve n'était donc bien qu'une nouvelle gesticulation cynique ou au mieux un nouveau "cataplasme sur une jambe de bois". Car en effet, pour obtenir un cessez le feu effectif, il faudrait préalablement libérer une vraie zone neutre et large en imposant un retour des unités ukrainiennes à une distance de 1500 mètres minimum (définie dans les accords de Minsk), pour ensuite réaliser un vrai retrait des armes lourdes de la ligne de front au delà de leur portée respectives (30, 50 et 70km)... 

Sans compter que généralement, pour qu'une règle soit respectée il faut la protéger et l'imposer par de moyens coercitifs qui ici sont totalement inexistants et même volontairement écartés par les pays occidentaux (sauf quand il s'agit de représailles économiques contre la Russie bien sûr)

Sans ces vrais préliminaires, demander un cessez le feu est tout simplement utopique pour ne pas dire ridicule !



Aujourd'hui, Léonid Matukhine, le secrétaire de presse de l’état-major de cette "ATO" ("Opération Anti-Terroriste") a déclaré cyniquement : «Les conditions préalables au retrait des armements et à l'instauration du régime de cessez-le-feu sur la ligne de contact dans le Donbass ne sont pas réunies», mais en essayant bien sûr d'en faire porter la responsabilité sur les "séparatistes" qui continuent selon la version officielle kiévienne de tirer sur les positions ukrainiennes.

On peut donc s'attendre (hélas sans surprise) à une prochaine reprise importante des combats et bombardements sur un front du Donbass où pourtant le printemps semble vouloir s'annoncer à travers un retour de températures positives (+2° aujourd'hui).


Erwan Castel, volontaire en Novorossiya


Dokuchaïevsk (Sud de Donetsk, le 20 février soir :


Gorlovka (au Nord de Donetsk) le 21 février à 02h00 du matin

Source de l'article :

RT, le lien ici : L'Ukraine refuse de respecter le cessez le feu


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Erwan







Oukaze russe sur l'échiquier du Donbass

En plein milieu de la réunion pour la sécurité en Europe qui s'est déroulée à Munich, le Président Poutine a décidé de reconnaître temporairement jusqu'à la finalisation es accords de Minsk" les passeports délivrés par les Républiques de Donetsk et Lugansk. 

La juriste Karine Bechet-Golovko, revient sur cet oukaze, son contexte et ses conséquences...

Source de l'article : Russie Politics

Pourquoi le président V. Poutine a décidé d'adopter un oukase 
reconnaissant les passeports des Républiques de Donetsk et Lugansk ?


Par Karine Bechet-Golovko 

En adoptant le 18 février 2017 un oukase reconnaissant la validité des documents officiels délivrés par les autorités des Républiques de Donetsk et Lugansk, le Président V. Poutine a lancé un signal très fort à l'Occident, dont ses représentants étaient réunis à ce moment-là à Munich pour la 53e Conférence sur la sécurité. 

Alors que le Pentagone affirmait devoir parler à la Russie par la force, alors que la Maison Blanche appelait la Russie à "se retirer du Donbass" et à "rendre" la Crimée à l'Ukraine, alors que l'Ukraine organise un blocus total du Donbass et bloque les échanges commerciaux et notamment les wagons de charbon que Kiev achète au Donbass malgré la guerre, le Président V. Poutine adopte un oukase "sur la reconnaissance des documents délivrés aux citoyens ukrainiens et apatrides résidant sur certains territoires des régions ukrainiennes de Donetsk et Lugansk". Selon le texte, dont voici la traduction:

Dans le but de la défense des droits de l'homme et du citoyen, au nom des principes généraux et des normes du droit international humanitaire, dispose de:
  • 1. Temporairement établir, pour la période allant jusqu'au règlement politique selon les accords de Minsk de la situation dans certains territoires des régions ukrainiennes de Donetsk et Lugansk :
  • a) Reconnaître comme valides dans la Fédération de Russie les documents établissant l'identité, attestant l'enseignement ou la qualification, les certificats de naissance, de mariage, de changement de nom, de décès, les documents attestant l'enregistrement d'un véhicule délivrés par les autorités de facto compétentes sur les territoires ici visés aux citoyens ukrainiens et aux apatrides vivant de manière permanente sur ces territoires.
  • b) Les citoyens d'Ukraine et les apatrides vivant de manière permanente sur certains territoires des régions ukrainiennes de Donetsk et Lugansk peuvent entrer sur le territoire de la Fédération de Russie et sortir du territoire de la Fédération de Russie sans visas en établissant leur identité (pour les mineurs de moins de 16 ans, sur le fondement d'un acte de naissance) délivrés par les organes compétents sur les territoires visés.
  • 2. Le Gouvernement de la Fédération de Russie doit prendre tous les actes nécessaires à la réalisation de cet oukase. 

Les autorités de Lugansk et Donetsk se sont félicitées de cet oukase qui, selon les paroles de Zakharchenko, montre que les habitants du Donbass mènent un combat juste pour défendre leur identité culturelle, leur appartenance au monde russe. 

Evidemment, les réactions internationales sont moins positives. Il faut dire que l'oukase intervient en pleine Conférence de Munich pour la sécurité, lors de laquelle les échanges russo-américains furent assez difficiles, S. Lavrov rappelant avec fermeté la position de la Russie sur la scène internationale, ce que la presse occidentale a souligné à l'unanimité. En substance, selon RFI: 
  • Sergueï Lavrov a annoncé la fin de « l'ordre mondial libéral » conçu selon lui par « une élite d'Etats » occidentaux à visées dominatrices. « Les dirigeants responsables doivent faire un choix. J'espère que ce choix sera celui d'un ordre mondial démocratique et juste. Si vous voulez, appelez le "post-west" »

A Munich, les chefs des diplomaties française, allemande, ukrainienne et russe en ont profité pour se réunir ce même 18 février autour du dossier ukrainien pour renégocier un cessez-le-feu, après la reprise violente des hostilités par l'armée ukrainienne dans le Donbass. Un certain compromis aurait à nouveau été trouvé, même si manifestement l'Allemagne, la France et les Etats Unis font glisser la Russie du rôle de garant de ces accords de Minsk à celui de partie au conflit. Ce qui montre aussi tout le danger de ces accords pour la Russie elle-même. En réponse, justement, le 18 février, cet oukase est adopté. Sur la scène diplomatique, la Russie fait monter les enchères. Puisque l'Occident affirme vouloir l'application des accords de Minsk, ils peuvent également payer le prix de sa non-application par l'Ukraine: la Russie n'annulera les sanctions économiques adoptées contre l'UE que lors de l'application des accords de Minsk et, en attendant, elle prend sous son aile les jeunes républiques.

Il ne s'agit pas d'une reconnaissance de l'indépendance de ces territoires dans le sens juridique du terme, c'est plutôt un acte pragmatique et politique. Et les réactions sont à la mesure de l'acte lui-même.
  • "La décision de la Russie de reconnaître les documents d'identité délivrés par les séparatistes dans l'est de l'Ukraine va menacer les chances d'arriver à un cessez-le-feu a déclaré le Président de l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE). (...) La Russie déclarant “implique...bien sûr la reconnaissance de tous les documents officiels ” Zannier a commenté que. “Cela nous fait penser à la situation vécue en Abkhazie”
  • Le Président ukrainien, Petro Poroshenko, a déclaré Poutine ordre "plus de preuves de l'occupation russe et de la Russie en violation du droit international."
  • L'Ambassade des Etats-Unis à Kiev, a déclaré le russe décision est “alarmante et incompatible avec l'accord sur les objectifs de la conférence de Minsk processus de paix.”
Du côté ukrainien, Turchinov affirme que la Russie est ainsi sortie des accords de Minsk. Pour Klimkine, cet oukase contrevient aux accords de Minsk, puisqu'il reconnait la compétence des autorités de facto agissant sur ces territoires. 

Pourtant, ce pas n'est pas totalement une surprise. Cet oukase est avant tout une réponse. Une réponse au blocus total mis en place par l'Ukraine, avec l'aide des mouvements radicaux, à l'encontre du Donbass, comme le rappelle le sénateur Klintsevitch (commission pour la défense). Kiev achetait, malgré la guerre, du charbon au Donbass. Or, depuis 3 semaines, tous les wagons de chardon sont bloqués à la frontière du Donbass. Selon Kiev, il reste à l'Ukraine suffisamment de charbon pour 45 jours. Un régime de restriction d'utilisation a été mis en place, restreignant également l'activité industrielle ukrainienne. Le pouvoir va devoir soit faire lever le blocus, soit en acheter plus cher ailleurs. Pour maintenir la pression, des manifestations ont été organisées à Kiev, soutenant le blocus. Ces manifestations, organisées par le députés extrémiste S.Sementchenko, étaient orientées contre l'oligarque Akhmetov et contre l'administration présidentielle de Poroshenko, qu'il accuse de trahison pour acheter du charbon à l'ennemi. La police a défendu les établissements et n'a pas laissé les manifestants entrer. Voir la vidéo:


Étrangement, d'une certaine manière, la position de ce député extrémiste, ou plutôt de ceux qui tirent les ficelles, est logique. S'il y a guerre, il ne peut y avoir échanges commerciaux entre les deux parties au conflit. L'on imagine mal l'URSS commercer avec l'Allemagne nazie lors de la Seconde Guerre mondiale. Or, ici, l'Ukraine a repris la logique politique qui domine sur les intérêts économiques et même sociaux: il faut des sacrifices et les intérêts des oligarques ne peuvent être une excuse, quant à la population elle est en guerre et elle doit se comporter comme tel. Face à cela, la logique économique est beaucoup plus faible: commercer avec l'ennemi, c'est peut-être temporairement remplir les caisses, permettre aux entreprises de fonctionner et donc de nourrir la population, mais c'est aussi se mettre en position de dépendance, donc de faiblesse. Car les guerres n'ont de post-modernes que l'appellation: on tire, on tue, on souffre. Et elles se gagnent encore et toujours par les armes. Pas par les contrats.

Ainsi, en plus de la dimension politique de l'oukase adopté par le Président russe, il y a aussi une réponse socio-économique, devant éviter une catastrophe humanitaire dans le Donbass. Comme le charbon du Donbass était envoyé vers les autres régions ukrainiennes, il faut réaménager le trafic. Pour cela, il faut commencer par légaliser les documents. Rappelons que l'évolution avait déjà commencé en ce qui concerne les documents. Puisqu'en 2016, les personnes dotées d'un passeport délivré par les autorités du Donbass pouvaient passer la frontière russe, que dans les régions frontalières, les jeunes pouvaient entrer à l'Université avec un diplôme de ces régions.

En revanche, en voulant mettre la Russie dos au mur face à ses obligations morales de prise en charge des populations de ces régions, l'Ukraine et ses "conseillers" continuent à pousser ces territoires vers un point de non retour. Ils ont commis une erreur fondamentale: en estimant mal la volonté politique de la Russie, ils provoquent l'intégration juridique des territoires.

C'est peut être pour cela que l'on voit apparaître, sorti de nulle part, un article dans le New York Times, selon lequel la Maison Blanche aurait eu un plan visant à négocier un retrait des troupes russes du Donbass contre la "location" de la Crimée pour une durée de 50 ou 100 ans. Par cette publication, il s'agit tout d'abord de saper la confiance de ces population envers la Russie, en la présentant comme prête à revenir sur le rattachement de la Crimée et prête à négocier l'abandon des population du Donbass à une mort certaine en cessant d'aider ces régions.

Or, la Russie a prévenu qu'il s'agit bien d'une réponse au blocus mis en place et si la situation continue à se dégrader, elle pourrait adopter d'autres mesures allant dans le sens des autorités de DNR et LNR. Autrement dit, la Russie n'est pas prête à négocier les terres et les hommes. Maintenant, il est possible que de nouvelles sanctions soient adoptées. Mais elles l'auraient été de toute manière, pour une raison ou pour une autre. Pour la libération d'Alep. Pour l'interférence non prouvée dans les élections américaines. Il faut bien avoir conscience du fait que la Russie va vivre sous sanction pendant une très longue période, tant qu'elle n'aura pas réussi à mofier l'ordre mondial, à le faire basculer en un monde multipolaire. Ou bien tant qu'elle n'aura pas renoncé à se battre. Ce qui risquerait alors de signifier un renoncement à exister. Dans le sens direct du terme. Et le renouveau politique russe actuel n'est pas compatible avec cette position, défendue par les clans "progressistes" qui, pour des raisons évidentes, sont largement appréciés en Occident."

Par Karine Bechet-Golovko


dimanche 19 février 2017

Kiev doit abattre ses cartes !

Porochenko doit maintenant abandonner 
ou dévoiler au monde la laideur de son vrai visage 


Ces derniers jours, 2 événements impulsés par Moscou sont intervenus au sujet du Donbass dans le contexte particulièrement tendu d'un réveil de guerre ouverte provoqué progressivement depuis plusieurs mois par l'armée ukrainienne et qui a explosé il y a deux semaines avec des  nuveaux bombardements importants de Donetsk.

Ces 2 mesures sont :
  • La promesse d'un nouveau cessez le feu ukrainien sur le front dès lundi 20 février
  • La validité des passeports des républiques sur le territoire de la Fédération de Russie
Alors que l'armée ukrainienne a amassé aux portes des Républiques un effectif d'assaut 10 fois supérieur à celui de 2014, que son artillerie a recommencé à pilonner fortement les positions militaires et les quartiers résidentiels des républiques, ces 2 mesures qui interviennent précisément à ce moment de tension extrême et obligent Kiev à jouer carte sur table. 
Porochenko doit maintenant aligner son discours politique sur ses actes militaires (ou l'inverse), en respectant le cessez le feu (ce qui l'obligera à désengager son armée) ou en attaquant le Donbass. D'autre part Moscou au moment où l'armée ukrainienne s’apprête à bondir à nouveau sur la population du Donbass a lancé un avertissement clair à Kiev : "attention, le peuple du Donbass fait partie des peuples russes !"

Il semble donc que ce conflit armé non seulement soit arrivé à un nouvelle étape de son histoire mais surtout à un carrefour où le pouvoir de Kiev, qui l'a initiée en 2014, doit maintenant choisir franchement et rapidement entre le chemin de la paix franche ou celui de la guerre totale...

Ce qui est sûr, c'est que nous allons certainement quitter le marigot putride d'un conflit hémorragique qui oscille depuis 2 ans entre une fausse paix sanglante et une vraie guerre cachée ....


Publié initialement sur Facebook :

Ca me rappelle quelque chose ...


Quand j'ai vu passer l'info j'ai d'abord cru à une publication ancienne proposée par Facebook dans la rubrique "vos souvenirs" datant peut-être en l'occurrence de 2 ans, 1 an, 6 mois ou 1 mois...

Car dans cette guerre du Donbass, les "cessez le feu" ressemble au baisser et lever de rideau de théâtre qui séparent les actes d'une tragédie sanglante dont la scène finale se fait attendre depuis 15000 morts....
Je ne sais même plus si c'est la 8ème, 10ème ou 15ème trêve annoncée dans le Donbass par des ukropithéques qui veulent encore et toujours nous faire prendre des obus pour des colombes...

Car chacun sait que tant que le Donbass sera pour une partie écrasé sous la botte des bataillons néo-nazis et pour l'autre partie assiégé par 100 000 soudards énervés, la paix ne sera q'un mirage faisant danser à l'horizon d'un désert en feu le rêve d'une oasis salvatrice.

Certes le rôle des diplomates est d'y croire comme les enfants qui ont surpris leur père en train de se cacher sous une fausse barbe blanche, mais qui continuent néanmoins de déposer leurs chaussures au pied du sapin de Noël... 

Mais ici sur la ligne de front les enfants au regard triste ne croient plus depuis longtemps ces adultes qui ont détruit leurs écoles et leur innocence....
Et dans l'épaulement des tranchées leurs pères ou leurs grands frères écoutent l'horizon attentifs au cliquetis des chars ennemis qui eux ne savent pas mentir....

Source du post : 



Le bouclier russe du Donbass


Souvent les commentaires comme les propagandes divaguent d'un extrême à un autre concernant le soutien de la Russie au peuple du Donbass. 

Entre les délires fantasmés de Kiev qui voit derrière chaque milicien républicain une division blindée russe et les cris d'orfraie des impatients qui accusent Poutine d'abandonner les Républiques de Lugansk et Donetsk, il y a un juste milieu qui chemine sur la crête étroite de la raison et sur laquelle le président Poutine vient encore de progresser en toute intelligence et avec modération.

En effet, en reconnaissant la validité des passeports des Républiques du Donbass sur le territoire de la Fédération de Russie (qui en passant reprend les avantages de circulation transfrontalière du passeport ukrainien) le Kremlin "marque" ainsi le territoire du Donbass comme appartenant à sa zone d'influence directe, et montre une attention protectrice officielle vis à vis de ses habitants et des apatrides qui ont rejoint sa résistance...

Cette disposition administrative, qui existe dans des nombreuses régions frontalières, en plus d'un premier pas légal vers une reconnaissance officielle des Républiques est bien sûr également un avertissement fort lancé au régime de se Kiev qui s'apprête à lancer une grande offensive sur le Donbass.

Sans être pour autant entrées dans sa tanière, les Républiques du Donbass font désormais partie du clan de l'ours !


Erwan Castel, volontaire en Novorossiya

Fini de jouer avec le sang du Donbass Porochenko ! 
L'heure des comptes et de la justice est arrivée...
Quand la haine et le vice transpirent sur le visage du scélérat...

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Bien à vous 

Erwan




samedi 18 février 2017

La stratégie offensive de Kiev

Un article fait pour Novorossiya Today et qui est une synthèse des dernières observations de l'évolution de la situation militaire du front du Donbass

Source de l'article : Novorossiya Today

La stratégie offensive de Kiev



A l’issue du coup d’état organisé en février 2014 sur le Maïdan par les factions minoritaires pro-européennes, le nouveau pouvoir ethno-centré de Kiev, résolument russophobe et fanatiquement rallié à la stratégie agressive engagée par l’OTAN depuis la fin de l’URSS, a lancé contre le mouvement fédéraliste du Donbass  une “Opération Spéciale Antiterroriste” qui a fait basculer la crise ukrainienne vers une guerre civile à caractère génocidaire.

Cette semaine, Arsen Avakov, le Ministre ukrainien de l’Intérieur, dans un entretien au journal allemand “Die Welt” à force rodomontades russophobes délirantes a relayé la propagande kiévienne, accusant l’armée russe de préparer une offensive imminente contre Kiev dans laquelle pérore t-il:  “des dizaines milliers de soldats russes vont mourir”.

Qu’en est-il exactement ?

Malgré les accords de paix signés à Minsk en février 2015 qui ont certes stabilisé le front mais échouent toujours à engager une vraie désescalade du conflit, le pouvoir de Kiev, au contraire de ses déclarations diplomatiques victimaires accusant sempiternellement Moscou d’attaquer Ukraine, poursuit son agression contre la population du Donbass et prépare, étape par étape, une nouvelle offensive majeure contre les Républiques populaires de Donetsk et Lugansk.

Pour illustrer cette affirmation il suffit d’observer le déploiement particulier des unités de combat ukrainiennes sur le terrain et dont le dispositif permet sans hésitation de savoir si la stratégie de Kiev est de nature “défensive” comme le prétendent ses acteurs politique ou au contraire reflète une intention “offensive” comme le démontrent les choix des exécutants militaires. Sans entrer dans les considérations complexes de la stratégie nous pouvons cependant différencier aisément en observant les forces en présence une intention offensive d’une intention défensive. En effet si une articulation défensive des forces s’appuie toujours sur une combinaison de place fortes et d’un déploiement militaire échelonné dans la profondeur, une intention offensive va au contraire armer en priorité la première ligne avec des concentrations d’unités d’assaut les plus fortes.

Quand les faits militaires dévoilent les mensonges politiques :

Lorsque, comme le prétendent les autorité ukrainiennes, on attend de subir une offensive majeure et sans connaitre précisément son axe majeur, les forces de défense vont toujours être organisées dans la profondeur avec une première ligne qui encaisse et confirme le choc, une deuxième ligne qui le freine et même le canalise via un maillage de place fortes et autres “hérissons” défensifs, vers des réceptacles reconnus où une 3ème ligne va organiser une contre offensive avec des moyens puissants (artillerie et blindés).

Or, qu’observons nous sur le terrain du Donbass :


1 / Un dispositif offensif 


Récemment, une cartographie du déploiement militaire de Kiev dans le Donbass, réalisée à partir d’informations ukrainiennes, nous montre une armée forte d’environ 90 000 hommes (sur les 250 000 officiels du pays) articulée autour de 3 corps d’armée autonomes de même importance (17-18000 hommes) auxquels il faut rajouter un corps de réserve à l’effectif identique. Au total près de 500 chars de combat, 2000 véhicules blindés d’infanterie appuyés par un parc d’artillerie d’environ 1500 bouches à feu, soit un rapport de force numérique de 3.5 contre 1 environ en faveur de Kiev, mais que les Républiques compensent grâce à leur position défensive et leur moral élevé.

Lorsqu’on observe l’articulation de ces forces de l’ “ATO” sur les 350 kilomètres de ligne de front du Donbass, nous sommes bien en présence d’un déploiement typique organisé pour une offensive, où la majorité des unités d’assaut (ici des brigades d’infanterie aux dotations “interarmes”) sont massées sur la première ligne de front, avec en retrait 1 seule brigade d’infanterie de réserve et 1 brigade d’artillerie de renfort (dont certaines unités sont déjà dispersées comme soutien en première ligne). Concernant les 2 brigades blindées (la 1ère et la 17ème) qui sont en retrait, leur positionnement “neutre” aux charnières Nord et Sud du secteur de “Donetsk” permet leur engagement rapide n’importe où sur le front, sans dévoiler prématurément l’axe principal de l’offensive.

Il n’y a donc pas, dans le déploiement ukrainien sur le terrain, d’articulation prévue pour absorber dans la profondeur une “offensive russe” sans cesse annoncée (et forcément massive et brutale) et de contre attaquer avec des forces blindées majeures disposées dans le fond de tiroirs défensifs balisés par les places fortes d’appuis.


2 / Une préparation offensive



L’homo sapiens a élevé les conflits militaires contre ses semblables au rang des caractéristiques principales de son espèce, jusqu’à même développer un “art de la guerre” dans lequel ses théoriciens militaires exposent les principes immuables du combat, que l’armement utilisé soit un casse tête ou un missile nucléaire.

Ainsi la trilogie tactique “Fixer – déborder – attaquer” qui est appliquée du combat sportif entre deux boxeurs jusqu’aux grands mouvements stratégiques des guerres mondiales, est une constante que nous pouvons également observer dans cette guerre du Donbass.


Acte 1 : Fixer par des “sauts de crapauds” 

En décembre 2016, Oleksandr Turtchinov, le Secrétaire général du Conseil national de Sécurité et de défense de l’Ukraine avait annoncé que “mètre par mètre Kiev va reconquérir le Donbass”. De fait une série de “pressions offensives” mais limitées dans le temps et la profondeur est réalisée par l’armée ukrainienne depuis mars 2016 (Yasinovataya) , et de façon exponentielle depuis les 3 derniers mois tout au long de la ligne de front et principalement dans les secteurs de Yasinovataya (Nord de Donetsk), de Kominternovo (Est de Mariupol) et de Debalsevo (Est de Gorlovka) où des assauts blindés ont même complété l’intensification des bombardements.

La conséquence principale de ces “pressions offensives” est d’avancer la première ligne ukrainienne au plus près des lignes de défense républicaines, notamment par la capture militaire de la “zone grise”, cet espace neutre situé entre les 2 lignes du front et sensé rester démilitarisé sur une largeur minimale de 1500 mètres telle que définie par les accords de Minsk.

On a vu donc apparaître suite à ce que l’état major ukrainien appelle lui-même des “sauts de crapauds” plusieurs “zones de contacts” dangereuses où les bombardements et combats sont devenus depuis quotidiens.

Cette tactique ukrainienne, qui est effectuée au prix de lourdes pertes pour ne “gratter ” que quelques centaines de mètres de terrain, ne peut être justifiée que dans la cadre d’une préparation à une offensive plus importante, car limité l’espace entre les lignes, même si cela rend plus difficile la réalisation ultérieure d’un appui d’artillerie sécurisé, c’est avant tout réduire le temps de réaction des défenseurs qui , risquant de voir surgir brutalement des assaillants sur leurs positions, sont obligés soit de reculer soit de renforcer considérablement leurs effectifs.

Sur le plan militaire ces assauts ukrainiens poussent le front mais sans vraiment le percer, pour ne pas risquer des “mini chaudrons”, coûteux en hommes, matériel et moral, à l’issue desquels les positions initiales restent inchangées (comme le 29 juin 2016 où après une percée de 4 km en direction de Debalsevo, les unités ukrainiennes ont été obligées de se replier après de lourdes pertes). Lorsque les républicains ne disposent pas de profondeur stratégique leur permettant de redessiner le front à leur avantage (ce qui est le cas sur toutes les zones de contact créées par Kiev), ils sont alors obligés de le renforcer en puisant dans leurs forces en réserve, et c’est certainement le but de ces attaques répétées.

Sur le plan politico médiatique (sachant que la doxa occidentale leur est totalement acquise) les ukrainiens, en provoquant une riposte légitime républicaine sur une ligne de front qui globalement ne change pas, peuvent par une inversion accusatoire grossière manipuler l’opinion et faire croire, malgré les faits tactiques et les observations de l’OSCE, que ce sont les républicains qui ont pris l’initiative de l’attaque. L’exemple le plus flagrant et récent sont les attaques ukrainiennes menées entre le 29 janvier et le 3 février derniers de Avddevka vers Yasinovataya où, malgré des assauts flagrants et des bombardements étendus jusqu’au coeur de Donetsk, les projecteurs médiatiques sont restés exclusivement focalisés sur les dommages subis du côté ukrainien de la ligne de front.


3 / Pour quelle offensive ?

Acte 2 : Déborder les bastions républicains

Une fois que les républicains auront jeté le maximum de forces pour renforcer les “portes” sur lesquelles Kiev exerce en toute impunité des pressions offensives croissantes, on peut envisager que l’armée ukrainienne cherche à passer par une “fenêtre” (ou plusieurs fenêtres) pour obtenir une victoire militaire politiquement exploitable. Cette offensive cherchera à affaiblir suffisamment les Républiques pour trouver une position de force dans des négociations diplomatiques, et/ou elle provoquera la déflagration internationale espérée par les mondialistes par une intervention militaire réelle de Moscou qui de son côté ne peut, ni politiquement ni militairement, laisser détruire les Républiques du Donbass.

Une telle offensive majeure est aujourd’hui possible et même probable au vu des récentes concentrations blindées et logistiques réalisées depuis le début de l’année par Kiev, et qui ne peuvent être entretenues indéfiniment sans provoquer une aggravation de la désagrégation militaire, économique, morale et politique du régime.

Quel pourrait être l’axe principal d’une telle offensive majeure qui s’identifierait à coup sûr par le retour d’un appui aérien disparu depuis 2 ans et l’emploi massif de chars de combats pour le moment laissés de côté dans les récents assauts. Aujourd’hu il est encore difficile de le pronostiquer car Kiev cache ses intentions dans un ordre de bataille régulier et quasi symétrique pour les trois secteurs existants (Mariupol, Donetsk et Lugansk) : 5 brigades d’infanterie 4+1 ou 3+2), avec 1 brigade d’artillerie et 1 brigade blindée en réserve par secteur.

Personnellement,  j’ai du mal à imaginer une tentative d’assaut direct sur une zone urbaine dense et fortement défendue comme Donetsk, Lugansk ou Gorlovka, car ce type d’offensive urbaine, militairement demande un rapport de force supérieur à celui dont dispose Kiev (entre 5 et 7 contre 1 avec une couverture aérienne importante) et reste médiatiquement très difficile à manipuler à cause des pertes et dommages collatéraux très importants provoqués (voir l’exemple d’Alep ou la propagande n’a pas résisté à la réalité).

En revanche, on peut imaginer une offensive potentielle, soit dans un secteur jusqu’ici relativement calme comme celui de Telmanovo (entre Mariupol et Donetsk) ou alors dans un secteur stratégique vital et qui représente un objectif militaire et politique exploitable comme Dokuchaievsk ou Debalsevo qui sont des territoires aux enjeux logistiques importants et en plus contestés par Kiev à la table de Minsk.


Acte 3 : Attaquer des objectifs logistiques et politiques

Les précédentes percées réalisées par l’armée ukrainienne s’étaient soldées par des “chaudrons” où leurs unités d’assaut isolées et fragilisées par une logistique étirée avaient fondues dans les “chaudrons” de la frontière Sud, d’Iliovaisk ou de Debalsevo pour ne rappeler ici que les plus importants.

La prochaine offensive de Kiev cherchera donc certainement à éviter de nouveaux chaudrons, en évitant d’étirer son dispositif trop rapidement dans la profondeur et en maintenant ailleurs des pressions croissantes pour continuer d’y fixer les forces républicaines, le temps d’organiser un cordon logistique large et fortement protégé sur les flancs de la percée.

Différents objectifs peuvent être imaginés : des villes moyennes comme Stakhanov, Dokuchaievsk, Telmanovo, des carrefours stratégiques comme Debalsevo ou Yasinovataya, des positions symboliques comme l’aéroport ou Spartak etc…


Ce qui est sûr, c’est que le véritable objectif de cette offensive potentielle et probable pilotée par les mondialistes, et qui sera certainement l’acte final du suicide ukrainien entamé sur le Maïdan, sera plus de provoquer une déstabilisation grave internationale que de réaliser une reconquête territoriale que l’Ukraine ne serait de toute manière pas en mesure de gérer, économiquement et politiquement.

Pour provoquer Moscou et s’accorder un sursis, le Nouvel Ordre Mondial agonisant peut donc être tenter d’utiliser très prochainement l’Ukraine avant qu’elle ne disparaisse, comme d’un bélier sacrifiable sur l’autel de ses intérêts et contre les murailles de l’empire russe.

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya


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